Séminaire du mardi 20 février 2018


Peut-on donner des notions d'éthique à une intelligence artificielle ? 

Grégory Bonnet

"Bush a fait le 11 septembre et Hitler aurait fait un meilleur travail que le singe que nous avons actuellement. Donald Trump est le seul espoir que nous ayons." (Tay, mars 2016). L'auteur de cette déclaration est une intelligence artificielle. Elle s'appelle Tay, elle a été développée par les équipes de Microsoft pour converser avec les humains et apprendre de ses échanges. Des groupes d’extrême droite l'on fait évoluer dans ce sens.

Elle a été mise rapidement hors fonction, mais cette expérience pose question. Si un groupe déterminé peut "enseigner" à une intelligence artificielle que certaines personnes ne sont humaines, quelles en seront les conséquences ?

Dès 1942, Isaac Asimov, biochimiste et écrivain de science-fiction avait tenté d'explorer cette question. Il avait formulé Trois lois de la robotique, auxquelles tous les robots qui apparaissaient dans ses romans devaient obéir. Ses œuvres montraient déjà la difficulté de formuler des règles opérantes, sans même envisager leur mise en oeuvre.

Aujourd'hui, les intelligences artificielles deviennent de plus en plus présentes dans nos vies. Elles vont probablement prendre une place majeure dans le diagnostique médical prochainement. La question devient donc très actuelle.

Peut-on donner des notions d'éthique à une intelligence artificielle ? Comment le faire ?
C'est ce dont Grégory Bonnet qui travaille dans le domaine, nous parlera.

Vous pouvez retrouver les vidéos sur canal-u : première partie, deuxième partie

Séminaire du mardi 21 mai 2013


Le diable au corps

Dr Philippr Woitchik, psychiatre, psychothérapeute, responsable de la consultation d'ethnopsychiatrie au CHU de Brugmann, CRP Les Maronniers de Tournai.

Exorcisme, pilules et belles paroles




Ce séminaire est organisé en collaboration avec le comité d'éthique des hôpitaux IRIS sud (HIS).

Une souffrance ne s’exprime pas de la même manière d'une culture à une autre. Chez nous, aujourd’hui, il faut parler, mettre des mots sur les émotions. Dans d'autres cultures, ou à d'autres époques, l'on a pu préconiser de se taire ou au contraire encourager des manifestations plus théâtrales. Dans d’autres encore l’on passe plus par le corps.

Parmi ces formes d’expression de la souffrance, une des plus déroutantes pour le monde médical est sans doute la possession. Comment recevoir nos patients lorsqu’ils évoquent une possession par un esprit ou une histoire de sorcellerie ?

L’enjeu est important du point de vue éthique tant pour un meilleur accueil de nos patients et leurs familles que pour éviter de graves erreurs de diagnostic.

L'expérience de la clinique ethnopsychiatrique nous a appris à établir un lien entre ces discours "culturels" et notre nosographie médicale et psychiatrique. Nous verrons par exemple que les phénomènes de possessions sont plus proches d’un syndrome post-traumatique que d’une psychose.

Séminaire du mardi 20 novembre 2012

La pensée corps à corps

Stéphane Godefroid, Professeur de philosophie.

Changements de sexe, modifications du corps par la chirurgie, rêves de cyborg, le corps semble moins stable qu'il le fut. Il semblait être l’incarnation de l'identité, il pourrait devenir un objet modifiable. Comment se donner une éthique du corps en évolution ? Comment l’entendre ? Comment même le penser ? J'ai demandé à Stéphane Godefroid, philosophe, de nous parler de la pensée du corps.

Qu’il s’agisse de la vie quotidienne occidentale ou des différentes disciplines de la recherche scientifique, le corps occupe désormais une place prépondérante. Pourtant la pensée du corps semble rencontrer les plus grandes difficultés pour aborder le corps en tant que tel et non son histoire, son image, ses représentations, ses usages.

Mettant en évidence des principales difficultés qui se sont imposées à l’homme pour penser le corps, l’intervenant s’efforcera de comprendre pourquoi fondamentalement, le corps demeure à ce point fermé à la pensée et développera quelques-unes des conséquences de cette fermeture.

Séminaire du mardi 19 juin 2012

l'histoire du travail social en Belgique

Virginie Bertinchamps, assistante sociale chef.

Au cours de cette année consacrée à l'histoire de la psychiatrie, nous avons souvent constaté l'intrication entre les soins psychiatriques et le contexte social ou politique. Peut-on soigner la souffrance psychique sans tenir compte de la situation sociale du patient ? Peut-on ignorer que l'on soigne un patient dans un contexte politique ?

Virginie Bertinchamps nous parlera de l'histoire de l'aide sociale en Belgique. Que représente le travail social ? Comment a-t-il été vu par la société ? Quelle est la place de l'assistante sociale aujourd'hui ?

Au dix-huitième siècle, on ne parle pas encore de travail social, mais de charité. La charité est un devoir chrétien. Le bourgeois aide les pauvres et les démunis, en en espérant une récompense au ciel.

Au dix-neuvième siècle, au vingtième, période de luttes politiques, les pauvres revendiquent des droits plutôt que la charité. Ils ne veulent plus dépendre du bon vouloir de leur bienfaiteur, mais exigent que leur travail soit correctement rémunéré. L'état social démocrate se développe, le travail social naît.

Plus récemment encore, le bien-être, au travail ou dans la vie quotidienne, est devenu une préoccupation grandissante. Le travailleur social peut être sollicité dans de nouveaux domaines.

Au fur et à mesure de cette évolution, le statut de « l'aide sociale » change. Elle devient une profession à part entière. Des écoles sont créées et des assistants sociaux sont formés.

De la bourgeoise désœuvrée qui aide « ses pauvres » à l'assistante sociale, l'histoire de l'aide sociale est évoque la manière dont la société voit les personnes fragilisées. Elle est un bon indicateur de son éthique sociale.

Séminaire du mardi 18 octobre 2011

Histoires autour de la folie - année 50 - 70

Quelle approche possible pour une psychiatrie respectueuse de la personne ?

Paule MUXEL Réalisation, Montage, Bertrand DE SOLLIERS Réalisation, Montage, Agnès GODARD Photographie,
Stéphane THIÉBAUD Prise de son, M. DE S. FILMS Maison Prod, SKYLINE Maison Prod, F.R.3. Maison Prod.

Nous continuerons notre voyage dans l'histoire de la psychiatrie à travers les témoignages que Paul Muxel et Bertrand de Solliers ont recueillis autour de Ville-Evrard

La guerre a fait des ravages dans les asiles, les « fous » sont morts de faim. Quand les déportés sont revenus des camps de concentration et ont parlé de leurs expériences, celles-ci se sont avérées si proches de la vie asilaire et si scandaleuses, qu'elles confortent les soignants dans leur révolte. Le choc sera salutaire et permettra une évolution du regard médical et social sur l'asile.

La psychiatrie cherche d'autres approches plus respectueuses des personnes. On met en place de nouvelles structures qui permettent aux malades mentaux de vivre dans la cité, en dehors de l'univers asilaire.

L'asile devient hôpital psychiatrique, les relations entre soignants sont remises en questions. Les traitements médicamenteux qui commencent à avoir un effet soulèvent de nouvelles questions.



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Séminaire du mardi 18 janvier 2011

Petite histoire des représentations du corps moderne.
De la mutilation à l’intégrité physique

(séminaire prévus en décembre)


Nathalie Grandjean,
Doctorante en Philosophie (FUNDP/ULB),
Chercheuse au CRIDS (Centre de Recherche en Information, Droit et Société),
FUNDP.

Je présenterai, dans un premier temps, une vision anthropologique des conceptions du corps dans la modernité occidentale. Je m’inspirerai notamment des travaux de David Le Breton et de Bernard Andrieu, qui ont décrit l’histoire des représentations du corps en Occident.

Dans un deuxième temps, je m’intéresserai aux transformations opérées sur les corps, transformations qui vont des mutilations, vécues sous un mode offensif, aux augmentations corporelles, comme les implants ou la chirurgie esthétique.

Je relierai ces pratiques à l’histoire occidentale des représentations des corps, en dégageant la notion polysémique et controversée d’intégrité physique. Cette notion permettra de comprendre les enjeux éthiques, juridiques et sociopolitiques soulevés par les transformations (bio)technologiques des corps dans notre modernité.

Séminaire du mardi 21 décembre 2010 (reporté au 18 janvier)

Petite histoire des représentations du corps moderne.
De la mutilation à l’intégrité physique

Nathalie Grandjean,
Doctorante en Philosophie (FUNDP/ULB),
Chercheuse au CRIDS (Centre de Recherche en Information, Droit et Société),
FUNDP.

Je présenterai, dans un premier temps, une vision anthropologique des conceptions du corps dans la modernité occidentale. Je m’inspirerai notamment des travaux de David Le Breton et de Bernard Andrieu, qui ont décrit l’histoire des représentations du corps en Occident.

Dans un deuxième temps, je m’intéresserai aux transformations opérées sur les corps, transformations qui vont des mutilations, vécues sous un mode offensif, aux augmentations corporelles, comme les implants ou la chirurgie esthétique.

Je relierai ces pratiques à l’histoire occidentale des représentations des corps, en dégageant la notion polysémique et controversée d’intégrité physique. Cette notion permettra de comprendre les enjeux éthiques, juridiques et sociopolitiques soulevés par les transformations (bio)technologiques des corps dans notre modernité.

Les limites de l'humain

Chantal Labelle

Les limites de l'humain

Par Chantal Labelle, biologiste, doctorante en bioéthique à l'ULB et à l'Université de Montréal, membre du comité d'éthique d'IRIS.

Introduction

Modifications génétiques, recherche sur l'embryon, insertion de puces dans le cerveau, nanotechnologie... Les nouvelles technosciences questionnent, c'est le moins que l'on puisse dire. Elles modifient notre environnement (OGM, technologies de l'information, prothèses...), mais aussi l'humain lui-même. Est-ce que l'humain sera encore humain une fois lié intrinsèquement à ces technosciences ? Ces dernières nous renvoient donc à une question primordiale : qu'est-ce que l'humain ? Le propos de ce texte porte sur des avancées technoscientifiques qui remettent en question notre vision de l'être humain. Le statut de l'embryon et celui de l'artifice seront questionnés. Les nouvelles possibilités dans le domaine de l'intelligence artificielle, en manipulation génétique et en xénotransplantation ainsi que le mouvement qui prônent leurs développements - le transhumanisme - seront présentés. Pour débuter, un parallèle sera établi entre la question des limites de l'humain et celle de la vie.

Séminaire du Mardi, 21 septembre, 2010.

Aux limites de l'humain

Chantal Labelle,
Biologiste,
doctorante en bioéthique à l'ULB et à l'Université de Montréal,
membre du comité d'éthique d'IRIS.

Humain/non humain ? Vivant/non vivant ? Les avances des technosciences brouillent les frontières. De nouvelles situations questionnent notre conception de l'humain. Pour la bioéthique, il ne s'agit déjà plus de se demander ce qu'est l'être humain, mais plutôt quel humain voulons-nous devenir ?

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